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Ethiopie: l'ONU veut la libération de détenus de l'Etat d'urgence

Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk demande l'arrêt des violences qui se poursuivent en Ethiopie entre armée et milices (archives). © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk demande l'arrêt des violences qui se poursuivent en Ethiopie entre armée et milices (archives). © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI


Publié le 14.06.2024


L'ONU veut la libération des détenus arrêtés pendant l'état d'urgence d'août 2023 à début juin dernier en Ethiopie s'ils ne sont pas poursuivis. Vendredi à Genève, le Haut commissaire aux droits de l'homme Volker Türk a appelé à la fin des violences dans le pays.

Selon un rapport du Haut-Commissariat, plus de 1300 civils ont été tués l'année dernière par l'armée, les forces érythréennes, les milices d'opposition ou d'autres acteurs encore. Plus de la moitié d'entre eux se trouvaient dans l'Etat d'Amhara. La situation s'est en revanche largement améliorée dans la région du Tigré.

Des drones gouvernementaux ont tué près de 250 civils d'août à décembre de l'année dernière. Ils ont aussi provoqué d'importantes destructions d'infrastructures. Au total, près de 600 incidents des droits humains ont affecté près de 8300 personnes, une augmentation de 56% sur un an. Les acteurs étatiques étaient responsables de 70% de ces violations, ajoute le rapport.

Le Haut commissaire salue la décision de ne pas prolonger l'Etat d'urgence qui a abouti à des exactions, selon lui. Il demande la libération des détenus arrêtés sous l'état d'urgence s'ils ne sont pas poursuivis selon la législation actuelle, et jugés "rapidement et équitablement".

Le Haut commissaire demande également la fin des restrictions contre la population et la relance des dispositifs de sécurité habituels. Alors que des violences continuent, il souhaite que "les parties au conflit mettent un terme aux violences actuelles" et trouvent une solution pacifique. Les responsables doivent être poursuivis, affirme-t-il encore. Et le Haut-Commissariat de demander à nouveau le retrait des forces érythréennes du territoire éthiopien.

Une Commission internationale d'experts sur les droits humains avait estimé que de probables crimes contre l'humanité avaient été perpétrés dans le conflit entre armée et séparatistes pendant deux ans dès fin 2020, notamment par les armées éthiopienne et érythréenne mais aussi par des milices. Les violences ont fait des millions de déplacés ou de réfugiés. De nombreuses personnes sont décédées.

ats

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