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Macron joue la carte écolo pour rassembler

"La politique que je mènerai dans les cinq ans venir sera écologique ou ne sera pas", a lancé Emmanuel Macron. © KEYSTONE/AP/Laurent Cipriani
"La politique que je mènerai dans les cinq ans venir sera écologique ou ne sera pas", a lancé Emmanuel Macron. © KEYSTONE/AP/Laurent Cipriani
"La politique que je mènerai dans les cinq ans venir sera écologique ou ne sera pas", a lancé Emmanuel Macron. © KEYSTONE/AP/Laurent Cipriani
"La politique que je mènerai dans les cinq ans venir sera écologique ou ne sera pas", a lancé Emmanuel Macron. © KEYSTONE/AP/Laurent Cipriani


Publié le 17.04.2022
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Sur fond de l'idyllique Vieux-Port, Emmanuel Macron a fait samedi à Marseille un long plaidoyer en faveur de l'écologie. Il a appelé, à huit jours du second tour, au rassemblement derrière lui face à la montée de l'extrême droite.

Dans un contraste saisissant, sa rivale Marine Le Pen avait choisi le bar-tabac d'une petite bourgade de l'Eure-et-Loir pour battre le rappel des troupes, promettant pour sa part d'aider "les plus vulnérables" à se faire entendre le 24 avril prochain.

Sous un soleil estival, Emmanuel Macron s'est offert une carte postale de Marseille pour son grand meeting d'entre-deux-tours où il a longuement parlé d'écologie et de réchauffement climatique, disant avoir "entendu" le message des électeurs au premier tour.

Planter des millions d'arbres

"L'inaction, pas chez moi", a-t-il lancé devant plusieurs milliers de personnes debout dans le jardin du Pharo, promettant d'aller "deux fois plus vite" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Pour ce faire, il a promis de "planter 140 millions d'arbres" et nommer un Premier ministre "directement chargé de la planification écologique", concept cher à Jean-Luc Mélenchon.

Ce Premier ministre vert sera flanqué de deux ministres. Le premier sera chargé de "la planification énergétique" qui "aura pour mission de faire de la France la première grande nation à sortir du pétrole, du gaz et du charbon".

Le deuxième s'occupera de la "planification écologique territoriale" dans le domaine des transports ou encore de la rénovation des logements.

"Incompétente et climatosceptique"

"La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas", a-t-il insisté lors d'un meeting qui n'aura pas fait le plein.

S'en prenant vertement à sa rivale, Emmanuel Macron a déclaré que "même incompétente elle est climatosceptique". "Le choix est clair: l'extrême droite est un projet climato-sceptique qui veut détruire les éoliennes", a-t-il encore lancé, en soulignant que le 24 avril "sera un référendum pour ou contre l'Union européenne, pour ou contre l'écologie, pour ou contre notre jeunesse, pour ou contre notre République".

Emmanuel Macron s'adressait à sa gauche, notamment aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon (LFI), arrivé en tête au premier tour dimanche dernier (31%) à Marseille, près de 9 points devant le président sortant. L'écologie est aussi l'une des pierres angulaires du vote Mélenchon qui a notamment largement séduit les jeunes.

Mais côté LFI, ce discours a été accueilli froidement. "C'est difficile de penser que quelqu'un qui a été condamné deux fois pour inaction climatique puisse se racheter une crédibilité en dix jours", tance la patronne des députés LFI, Mathilde Panot, dans le JDD. "Ni son programme, ni celui de Marine Le Pen ne répondent à l'urgence écologique alors que le GIEC nous dit que nous n'avons plus que trois ans pour agir à la hauteur du plus grand défi du XXIe siècle", souligne-t-elle.

Les résultats d'une consultation lancée par le leader de la gauche radicale auprès de ses quelques 310'000 soutiens pour le second tour sont attendus samedi soir ou dimanche. Abstention, vote blanc ou vote Emmanuel Macron? Le chef Insoumis a appelé à ne pas "donner une seule voix à Mme Le Pen".

M. Macron a encore promis "une réinvention", "un renouvellement complet", disant vouloir "redoubler d'énergie pour réussir".

Selon un sondage Ipsos Sopra/Steria publié samedi, le président sortant l'emporterait au second tour de la présidentielle face à Mme Le Pen, avec un score de 55,5% contre 44,5% pour la candidate du RN.

Comme une "mère de famille"

Pas question pour Marine Le Pen de laisser le terrain à l'adversaire ou le monopole de la couverture médiatique. Après une tournée dans le sud qui lui est pour une bonne part acquis, la candidate RN a ajouté in extremis un déplacement samedi à Saint-Rémy-sur-Avre, en Eure-et-Loir.

"On est là dans la péri-urbanité, la ruralité qui sont des sujets importants de cette présidentielle", a affirmé Mme Le Pen à des journalistes, juste en face du bar-tabac "le Maryland", rappelant au passage qu'elle avait gagné dimanche dans "20'000 communes de France sur 34'000".

Entre les manifestations contre l'extrême droite et les multiples tribunes appelant à voter Emmanuel Macron, "cette agitation brutale à laquelle on assiste entre les deux tours" est "là encore assez peu respectueuse de la démocratie", a ajouté Mme Le Pen. D'après elle, le "système" que symbolise à ses yeux Emmanuel Macron et ses soutiens "s'inquiète car il voit que le peuple a envie de reprendre le pouvoir".

En terrain conquis - cette petite bourgade l'a mise en en tête au premier tour -, elle a promis de diriger la France comme une "mère de famille" et de défendre les "plus vulnérables".

ats, afp

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