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Oui à l'allongement des pistes de l'aéroport de Zurich

Les Zurichois ont accepté dimanche d'allonger deux pistes de l'aéroport de Zurich (archives). © KEYSTONE/MICHAEL BUHOLZER
Les Zurichois ont accepté dimanche d'allonger deux pistes de l'aéroport de Zurich (archives). © KEYSTONE/MICHAEL BUHOLZER


Publié le 03.03.2024


Les Zurichois ont accepté dimanche d'allonger deux pistes de l'aéroport de Kloten. Ils ont aussi accepté un contre-projet à une initiative de l'UDC qui soumet les manifestations à autorisation. Ils ont rejeté une initiative exigeant l'accès aux rives du lac de Zurich.

L'allongement des pistes de l'aéroport a été accepté par 61,7% des votants. L'initiative des Jeunes UDC "pour l'application du droit et de l'ordre", appelée aussi initiative "anti-casseurs", a été rejetée par 59,2% et le contre-projet du parlement a été accepté par 63,8%.

L'initiative pour l'accès aux rives du lac de Zurich a quant à elle été refusée par 64%. La participation a atteint 57,56% pour le scrutin sur l'aéroport.

L'allongement de deux pistes de l'aéroport de Zurich était combattu par un référendum. Le projet prévoit de prolonger la piste 28 de 400 mètres en direction de l'ouest et la piste 32 de 280 mètres en direction du nord.

Sécurité et stabilité

Pour les partisans du projet, l'allongement des deux pistes permettra d'accroître la sécurité et la stabilité des opérations aériennes, notamment en diminuant les retards, ce qui réduira les nuisances sonores pendant la nuit. Les opposants craignaient, eux, une augmentation du nombre de mouvements aériens.

L'initiative "pour l'application du droit et de l'ordre" des Jeunes UDC exigeait que les coûts des interventions policières soient "obligatoirement" facturés aux organisateurs des manifestations. Elle demandait aussi que les manifestations soient soumises à autorisation.

Le contre-projet du parlement accepté dimanche soumet aussi toutes les manifestations à autorisation. Il prévoit que les "interventions extraordinaires de la police" seront désormais facturées aux personnes qui commettent des actes de vandalisme pendant une manifestation.

Effet dissuasif

Le PS, les Vert-e-s et la Liste alternative se sont opposés à l'initiative, qu'ils jugeaient "anti-démocratique", et au contre-projet. Ils craignaient que la peur d'une facture de la police n'ait un effet dissuasif et que les gens ne participent plus aux manifestations.

Amnesty International estimait pour sa part que les deux textes menacent les libertés d'expression et de réunion, qui sont garanties par le droit international et la Constitution fédérale. L'ONG a annoncé qu'elle examinerait la possibilité d'aller en justice, jusqu'au Tribunal fédéral ou à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) à Strasbourg, si un des deux textes était accepté.

La décision des citoyens zurichois est un nouvel obstacle à la liberté de manifester. C'est maintenant au gouvernement d'élaborer une loi qui respecte la Constitution fédérale, a indiqué dimanche Amnesty International dans un communiqué.

Situation bloquée

L'initiative des rives a été lancée par l'association "Oui au chemin des rives du lac" avec le soutien du PS, de la Liste alternative et des Vert-e-s. Elle exigeait la création d'un chemin piétonnier sur toute la longueur des rives du lac de Zurich d'ici 2050. Un tel chemin est prévu depuis des années dans le plan directeur cantonal, mais la situation est bloquée, raison pour laquelle l'initiative a été lancée.

Le parlement avait recommandé par 97 voix contre 74 de rejeter l'initiative. Pour les partis bourgeois, l'initiative était trompeuse, car elle ne visait pas à créer un chemin sur la rive ou à protéger la nature. Il s'agissait, selon eux, de jalousie envers les privilégiés qui possèdent une maison au bord du lac.

Pour les initiants, les rives du lac sont publiques selon la législation cantonale. Elles appartiennent donc à la population et non aux propriétaires des villas. Les expropriations n'auraient pas généré de grands frais.

Le gouvernement s'est opposé à l'initiative. Il estime que la création d'un chemin sur toute la longueur des rives coûterait plus d'un demi-milliard de francs, notamment en raison des expropriations.

Débat aussi en Suisse romande

L'accès aux rives des lacs est aussi un sujet de débats en Suisse romande. En mai dernier, le parlement vaudois a enterré une proposition visant à garantir un accès sur toute la longueur des rives suisses du lac Léman. En février 2023, un projet de loi socialiste similaire n'a pas passé le cap de l'entrée en matière au parlement genevois.

A Neuchâtel, les Vert-e-s ont retiré en 2021 leur initiative "Rives pour toutes et tous" déposée en 2016. Ils sont satisfaits du contre-projet indirect voté par le parlement cantonal qui prévoit un crédit d'engagement de 2,4 millions de francs pour rendre accessibles les rives du lac de Neuchâtel.

En juin 2022, le Conseil national a refusé par 99 voix contre 62 de donner suite à une initiative parlementaire de Katharina Prelicz-Huber (Vert-e-s/ZH) demandant que les rives des lacs soient davantage accessibles au public. Le texte empiète sur la compétence des cantons et porte atteinte à la propriété privée, selon une commission.

ats

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