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Une adolescente palestinienne arrêtée après une attaque au couteau

La colonisation israélienne, illégale au regard du droit international, s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967. © KEYSTONE/EPA/ABIR SULTAN
La colonisation israélienne, illégale au regard du droit international, s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967. © KEYSTONE/EPA/ABIR SULTAN


Publié le 08.12.2021
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Une adolescente palestinienne, auteure présumée d'une attaque au couteau ayant blessé une Israélienne vivant dans une colonie, a été arrêtée mercredi à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé. Sa famille est menacée d'éviction au profit de colons.

Agée de 14 ans, cette Palestinienne a été arrêtée dans une école de Cheikh Jarrah, à quelques centaines de mètres du lieu où elle a poignardé dans le dos une femme qui se promenait avec ses enfants, d'après la police israélienne.

Celle-ci avait lancé une vaste chasse à l'homme et mobilisé un hélicoptère pour retrouver la suspecte à Jérusalem-Est, secteur occupé et annexé par Israël. Plusieurs femmes de son entourage ont également été interpellées, a indiqué la police dans un communiqué.

L'avocat de la suspecte, Mohammed Mahmoud, a dit à l'AFP qu'elle "niait" les faits qui lui sont reprochés.

Selon les services de secours, la victime de 26 ans avait un couteau planté dans le dos lorsqu'elle a été transférée à l'hôpital Hadassah de Jérusalem, d'où elle est sortie quelques heures après son admission, d'après l'établissement.

Mission de coloniser

Son mari, Dvir, a assuré à des journalistes qu'ils continueraient de vivre à Cheikh Jarrah, quartier palestinien et épicentre de tensions, car c'était leur "mission", en tant que colons.

En mai dernier, des manifestations de soutien aux familles palestiniennes sous la menace d'une expulsion y avaient dégénéré en heurts avec des colons et la police israélienne, prémices à une flambée de violences meurtrières en Israël et dans les Territoires palestiniens.

La famille Hammad est menacée d'expulsion au profit de colons et son dossier est actuellement entre les mains de la Cour suprême, a indiqué à l'AFP Hagit Ofran, de l'organisation israélienne anticolonisation "La Paix maintenant".

Selon le spécialiste palestinien des colonies à Jérusalem, Khalil Tafakji, l'incident de mercredi est "la réaction de gens à qui on a essayé de prendre leur maison".

Plusieurs familles palestiniennes sont concernées par une situation similaire, avec au coeur des procès la question de la propriété foncière de terres sur lesquelles sont construites des maisons et dans lesquelles vivent des Palestiniens, mais qui sont convoitées par des colons.

Illégale

D'après la loi israélienne, si des juifs peuvent prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre de 1948, ils peuvent demander à ce que leur soit rendu leur "droit de propriété". Une telle loi n'existe toutefois pas pour les Palestiniens ayant perdu leurs biens pendant la guerre.

Aujourd'hui, quelque 200'000 Israéliens vivent à Jérusalem-Est, où habitent 300'000 Palestiniens. Plusieurs organisations de colons ont appelé à manifester mercredi en fin d'après-midi dans le quartier.

La colonisation israélienne, illégale au regard du droit international, s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967.

ats, afp

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