La Liberté

pictogramme abonné La Liberté Contenu réservé aux abonnés

Chronique: Parfois la vie manque de prés

S’allonger dans un pré est un bonheur simple. C’est aussi un privilège. © Matt Heaton/Unsplash
S’allonger dans un pré est un bonheur simple. C’est aussi un privilège. © Matt Heaton/Unsplash

Angélique Eggenschwiler

Publié le 11.06.2024

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Il y avait le ciel, sombre et menaçant, et une grappe de promeneurs sur mes pas. Le genre qui vous talonne avec des bâtons de marche et des rires sonores dans un relent de «mélange pique-nique». Il y avait cette crampe dans mon mollet et un gravillon en fugue dans ma chaussure droite. A gauche de la chaussure, du mollet et des bouffeurs de fruits secs, il y avait ce champ. Broussailleux, hirsute, hospitalier. Pour tout vous dire, ça faisait un moment que je ne m’étais pas allongée dans un pré.

J’ai eu dix ans tout à coup. Dix ans et l’âme moelleuse de l’enfant boudeur réfugié au royaume des coccinelles. Rien ne peut vous arriver quand vous vous allongez dans un pré. Il suffit de fermer les yeux, attentifs aux fourmis qui escaladent vos mollets. S’abandonner. Oublier. Les bêtes, les vôtres, les dossiers à rendre et les délais à tenir. Contingenter le monde dans ce minuscule périmètre qui va de votre gros orteil au pissenlit qui vous chatouille le front. Le réduire à un carré de

Articles les plus lus
Dans la même rubrique
La Liberté - Bd de Pérolles 42 / 1700 Fribourg
Tél: +41 26 426 44 11