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Réédition: Quand Alice Rivaz honorait «celles qui travaillent»

Journaliste par nécessité pendant la Seconde Guerre mondiale, la romancière signait alors une série de reportages sur les travailleuses à domicile. Des textes d’une profonde veine sociale, parus dans un pays qui ne l’était pas.

Alice Rivaz, ici en avril 1967, avait prêté sa plume au journalisme dans les années 1940, donnant voix aux façonneuses invisibles. © Keystone
Alice Rivaz, ici en avril 1967, avait prêté sa plume au journalisme dans les années 1940, donnant voix aux façonneuses invisibles. © Keystone

Thierry Raboud

Publié le 14.06.2024

Temps de lecture estimé : 4 minutes

Elle dérange, s’en rend vite compte, avec ses questions qui interrompent la besogne de ces femmes à l’œuvre, «tour à tour nettoyeuses, poutzeuses, plongeuses, lessiveuses, laveuses de vitres, batteuses de tapis, porteuses de bois, repasseuses, raccommodeuses, décrotteuses, cireuses de souliers, bonnes d’enfants, peleuses de légumes, récureuses, balayeuses, cuisinières et garde-malades». Mais ces travailleuses du logis, sans lâcher leur ouvrage, finissent par confier la douleur de leur condition, confesser l’indigne pécule qu’elles en retirent. Et Alice Rivaz (1901-1998) écoute, transcrit, témoigne.

On connaît, en Suisse tout du moins, l’œuvre inclassable de cette romancière de grande acuité qui, soutenue à ses débuts par Ramuz, a su s’imposer avec 12 titres entre fiction et autobiographie, traversés d’une verve féministe extraordinairement moderne. A l’image de La Paix des ruches, réédité en 2022 avec une préface de Mona Chollet (Ed. Zoé), roman percutant et jamais militant où

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