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Courir les Préalpes contre le cancer

Eric Kolly et Frédéric Clerc (de g. à dr.) ont traversé les Préalpes fribourgeoises vendredi dernier durant quelque neuf heures de course. © Alain Wicht
Eric Kolly et Frédéric Clerc (de g. à dr.) ont traversé les Préalpes fribourgeoises vendredi dernier durant quelque neuf heures de course. © Alain Wicht
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28.07.2021

Frédéric Clerc et Eric Kolly ont couru soixante kilomètres pour la bonne cause vendredi dernier

Zoé Lüthi

Préalpes » «On a quand même un peu mal aux mollets.» Eric Kolly, 55 ans, et Frédéric Clerc, 49 ans, semblent pourtant frais comme des gardons. Vendredi dernier, ils ont traversé les Préalpes fribourgeoises en courant. Un départ à 3 h du matin depuis le village de Bellegarde, 9 h de course effective et 3500 mètres de dénivelé positif. Ils sont arrivés aux Paccots en début d’après-midi, après soixante kilomètres d’effort. Le tout pour la bonne cause. Ils couraient en effet afin de lever des fonds pour la Ligue fribourgeoise contre le cancer et pour l’association Zoé4life, qui lutte contre les cancers de l’enfant. Au moment d’écrire l’article, les donations se montaient à 30 000 francs.
Deux coureurs mais bien plus de participants. Les sportifs ont été ravitaillés par leurs proches à quatre points du parcours, encouragés par leurs familles à l’arrivée et soutenus par le Rotary Club Fribourg et Kiwanis La Gruyère ainsi que le Club athlétique Gibloux Farvagny, entre autres. «Il y a eu une grande sensibilité au projet, les gens ont été très généreux», constate Eric Kolly.
Pour les deux sportifs et amis de longue date, c’était une expérience bien différente de leurs compétitions habituelles. D’ailleurs, c’est en partie grâce aux annulations de ces dernières que l’idée leur est venue, autour d’un apéro en début d’année, d’organiser un tel périple. Alors que l’application SwissMobile annonçait 22 heures de marche, ils ne se sont pas démontés. «L’idée, c’était de le faire à la course et en un jour», explique Frédéric Clerc. Leur engouement pour ce projet a été immédiat.

Prudence et endurance
Les entraînements ont donc été pensés en ce sens, ce qui impliquait la reconnaissance de tronçons. Ayant participé à Sierre-Zinal, aux 100 km de Bienne ou encore à la Patrouille des glaciers, les deux amis sont des habitués de l’effort. Mais sur de petits sentiers de montagne, de surcroît la nuit, il faut une concentration particulière pour ne pas trébucher. «Ce parcours demande de l’endurance. Mais ce n’est rien comparé au marathon que mènent les patients atteints de cancer», souligne Eric Kolly.
Prudents, les coureurs ont avancé leur départ de vingt-quatre heures pour échapper aux orages. Il faut dire que la météo ne les a pas épargnés tout au long de l’année, en témoigne leur entraînement dans la neige au chalet du Soldat, le 23 mai. Le jour J, un glissement de terrain a camouflé un sentier à Tissiniva et quelques pierres tombées ici et là ont failli faire obstacle.

L’effort dans le calme
Mais dans l’ensemble, la traversée de vendredi dernier s’est bien déroulée. Partis à des heures décalées, à la suite de la réapparition d’une vieille blessure au mollet de Frédéric Clerc, les deux coureurs se sont rejoints dans la descente de Grandvillard. «Nous avons échangé sur des sujets plus personnels que nos discussions habituelles», remarquent-ils.
Ils ont aussi pu apprécier une certaine quiétude. «Je n’ai entendu qu’une machine à traire, quelques cochons et la voix de l’épouse d’un armailli», raconte Eric Kolly. Au détour d’un chemin, Frédéric Clerc a surpris un troupeau de chamois qui broutaient à une trentaine de mètres. Une ambiance bien différente des compétitions très fréquentées et bruyantes.
«C’est la première fois qu’on court pour autre chose que le chrono et le dossard», explique Frédéric Clerc. «Et bien sûr, il y avait un apéro à la fin. Sans ça, on ne serait pas partis», plaisante Eric Kolly.
Le plaisir était donc double: terminer la course et lever des fonds. «Il y avait beaucoup d’émotions sur la ligne l’arrivée», confient les coureurs. Une fois celle-ci franchie, il a d’ailleurs fallu repartir pour 400 mètres afin de tenir la promesse des soixante kilomètres. Les deux compères sourient: «Pas si individualistes que ça, les coureurs.»

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